Détention de Roland Marchal et Fariba Adelkhah en Iran

Liberté pour Fariba Adelkhah et Roland Marchal, prisonniers scientifiques en Iran.

Tribune du 11 février 2020

Captifs sans motif : figures contemporaines du prisonnier et de l'otage

Podcast de la rencontre en faveur de la libération de Fariba Adelkhah et de Roland Marchal

Séminaire Sociologie et anthropologie sociale du politique - Fariba et Roland : penser en pensant à eux

Podcasts des séminaires

N52 | 2020

Sociétés politiques comparées, 52, septembre/décembre 2020

Varia

Retour sur la micro-histoire, 35 ans après.

Giovanni Levi

La nouvelle préface écrite par Giovanni Levi à l’occasion de la réédition italienne de son oeuvre maîtresse, L’Eredità Immateriale, dont nous publions la traduction en français, revendique l’importance de concevoir l’histoire comme la science des questions générales, et non comme celle des généralisations. Elle constitue un manifeste méthodologique en faveur des principes que défend la micro-histoire depuis les années 1980, qu’aujourd’hui on peut lire en creux comme une critique des faiblesses méthodologiques de courants historiographiques plus récents, notamment de l’histoire globale et de l’histoire connectée et de la tendance à renoncer à une histoire qui part des États. Pour Levi, l’intérêt que la plupart des courants historiographiques portent à la globalisation repose sur l’idée historiciste et néolibérale selon laquelle il existerait une seule solution possible, celle d’une société capitaliste désordonnée. La limitation de l’histoire à une causalité factuelle mécanique, et plus encore sa simplification aux seules solutions qui ont historiquement prévalu, contribuent à déprécier la signification même de l’histoire. La microstoria plaide au contraire pour une histoire totale (et non globale), c’est-à-dire une histoire de la complexité des actions et des faits dans laquelle les femmes et les hommes ont été et seront les protagonistes. Ce sont des principes chers à la sociologie historique et comparée du politique dans le sillage de laquelle se situe notre revue.

Dans l’étau d’une enquête sous tension. La liberté du chercheur en contexte hiérarchique (Congo-Brazzaville)

Fred O. Biyela

Cet article procède à un retour réflexif sur les conditions du recueil des données. En problématisant la liberté du chercheur en situation d’enquête, l’auteur s’attache à comprendre les difficultés d’une étude empirique menée au Congo-Brazzaville au sein d’une institution religieuse divisée en plusieurs réseaux antagonistes. Dans un contexte fortement hiérarchisé, il analyse la manière dont certains acteurs, du haut et du bas, ont progressivement mis en oeuvre des procédures visant à contrôler le chercheur. L’auteur montre également les modalités de contournement de ces obstacles sur un terrain sensible.

Les droits du fleuve. Polyphonie autour du fleuve Atrato en Colombie et de ses Gardiens

Sandrine Revet

À partir d’une enquête ethnographique menée en Colombie sur le cas du fleuve Atrato, déclaré sujet de droits en 2016 par la Cour constitutionnelle, l’auteure de cet article analyse ce que cette décision produit localement. La perspective adoptée la resitue dans le prolongement du processus historique de la construction des Indiens et des « communautés noires » comme protectrices de l’environnement. L’analyse du texte juridique montre comment les magistrats tissent ensemble les mots des habitants, ceux des diverses disciplines scientifiques – et notamment l’anthropologie –, avec les références juridiques. La description de la mise en oeuvre de la décision met ensuite en lumière que la production d’un tel agencement ne se fait pas uniquement sur la base d’accords et d’harmonies, mais aussi de dissonances et de frictions.

Soixante ans d’indépendances africaines : un thermidor à perte de vue. Éléments pour une historiographie apocryphe

Patrice Yengo

En histoire africaine, l’indépendance a toujours été assimilée à la décolonisation. Soixante ans plus tard, la question se pose toujours de savoir si la décolonisation a bien eu lieu, et si ce n’est pas le cas, qu’est-ce qui s’est alors passé. Telle est la question à laquelle cet article tente de répondre. En se fondant sur les anciennes colonies françaises, il stipule que l’octroi des indépendances à des dirigeants africains qui n’en voulaient pas fut le meilleur moyen d’arrêter la révolution coloniale qui avait commencé en Indochine et le début de son processus thermidorien qui, sous des formes diverses, dure encore. Cette réflexion a été inspirée par le travail de Fariba Adelkhah sur Thermidor en Iran et constitue un hommage pour elle, alors qu’elle est toujours privée de liberté.

Charivaria

Peut-on rester libre à l’heure du risque ? La liberté scientifique sur les terrains dits difficiles

Irene Bono, Béatrice Hibou

Depuis quelques années, le risque et la sécurité sont devenus les principes incontournables de la recherche, délimitant les frontières de la construction de connaissances sur les sociétés politiques. Cet article, qui est le premier d’une série que SPC va publier dans ses prochains numéros, entend soulever des pistes de réflexion et susciter le débat quant aux conséquences de ce tournant pour la recherche. En effet, ce dernier oblige à définir des limites à ne pas franchir dans la production de connaissances ; il interdit ensuite de penser ce que sont les difficultés dans la pratique de recherche. Regarder au-delà du risque requiert de questionner toute objectivation des difficultés dans la production de la connaissance, pour pouvoir interroger les conditions dans lesquelles la pratique de la recherche en sciences sociales peut être considérée comme libre. La liberté scientifique nécessite que l’on s’émancipe du principe structurant du risque. Elle nécessite aussi que l’on s’émancipe du carcan conceptuel dans lequel on l’enferme généralement, celui de la seule liberté d’expression, pour mener une réflexion sur les pratiques de recherche - et pas seulement sur ses résultats - et particulièrement une réflexion de méthode.

À propos de

Est-il encore possible d’écrire des sciences sociales sur une situation politique autoritaire (en particulier quand on est un chercheur précaire ?)

Sociétés politiques comparées

Sociétés politiques comparées tient à publier ce texte bien qu’il ait déjà circulé sur différents réseaux sociaux. En effet, il n’a pas éteint la campagne contre Mohammed Hachemaoui qui aurait « porté atteinte à l’honneur de Mohammed Harbi ». En réalité l’honneur de ce dernier n’est pas en cause et l’effet, sinon l’intention, de sa bruyante défense a ignoré, voire déconsidéré, la recherche d’Hachemaoui alors qu’elle aurait dû la discuter conformément à l’éthique et la méthode du débat scientifique.

Rencontres européennes - Paris, 8-9 février 2018

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"Gouverner l’Afrique saharo-sahélienne"
Xe Rencontre européenne d’analyse des sociétés politiques
Paris, 8-9 février 2018 / CERI-SciencesPo
Télécharger le programme

 

Ouverture et Atelier I 
La territorialisation de l’Etat : des espaces et des nombres
Président : Nicolas Courtin (Paris) 

avec Julien Brachet (Oxford & Paris), Sten Hagberg (Uppsala), Boris Samuel (Paris) et Giovanni Zanoletti (Paris & Rabat)
Discutants : Zekeria Ould Ahmed Salem (Chicago) et Béatrice Hibou (Paris)

 

Ecouter l'ensemble de la rencontre

 

Jeunes Recherches

Gouverner l'incertitude : les walis de Casablanca (2001-2015)

Nadia Hachimi Alaoui

Thèse de doctorat en science politique présentée à l'Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence Aix-Marseille Université, Ecole doctorale Sciences Juridiques et Politique CHERPA, et dirigée par Béatrice Hibou et Mohamed Tozy

Date de soutenance : 17/12/2019

Le capitalisme de connivence au travail. Gouverner la main d’oeuvre étrangère ou le travail illibéral à l’île Maurice. Lucas Puygrenier

Lucas Puygrenier

Master science politique, mention politique comparée, Institut d'études politiques de Paris, école doctorale de Sciences Po.Mémoire co-dirigé par Richard Banégas, professeur (Sciences Po - CERI) et Béatrice Hibou, directrice de recherche (CNRS - CERI)

Date de soutenance : 04/06/2019

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