Revue

N49 | 2019
 

Varia

Subjectivation et (afro)féminisme dans le funk carioca

Camille Giraut

Après avoir montré le caractère « déviant » du mouvement funk observé à Rio de Janeiro et décrit le funk putaria dans la continuité d’un funk proibidão, l’article analyse les processus d’auto-érotisation des funkeiras. Ces derniers doivent se comprendre à la fois comme une réappropriation des codes du genre musical et comme une réponse contre les injonctions qui touchent spécifiquement, mais non exclusivement, les femmes noires brésiliennes issues des favelas. Les dynamiques de réappropriation par les funkeiras de termes péjorativement connotés et leur pratique d’une danse à caractère sexuel sont analysées pour leur capacité à subvertir les attentes qui pèsent sur elles et qui sont liées à des normes sexuelles et de genre, mais également de race et de classe. C’est ce qui explique que les funkeiras prennent leurs distances avec un féminisme implicitement perçu comme blanc et moralisateur, et que l’article souligne la nécessité de remodeler et de décentrer le féminisme.

Charivaria

La passion des urnes : à propos de la contribution de Fariba Adelkhah à l’exposition « Images à l’appui/Visual Notes from the Field » (2017)

Laurent Gayer

En juin 2017, une exposition photographique s’est tenue à Sciences Po Paris autour de la photographie de « terrain ». Présentant cinq séries de travaux, « Images à l'appui/Visual Notes from the Field » entendait contribuer au dialogue entre ethnographie et photographie. Sollicitée pour participer à cette exposition, Fariba Adelkhah avait soumis une série d'images réalisées entre 2014 et 2016 au cours de consultations électorales en Iran et en Afghanistan. Ces images et leurs légendes faisaient écho à une oeuvre d’anthropologie politique traquant le changement social dans l'épaisseur de ses strates historiques et culturelles, sans se laisser intimider par le poids apparent de la Tradition mais sans céder non plus aux sirènes du Développement et de la Reconstruction.

Roland Marchal au travail : les multiples facettes d’un chercheur tout terrain

Dossier établi par Marielle Debos

La série d’articles présentée ici rassemble des témoignages et réflexions sur le travail de Roland Marchal et dessine un portrait du chercheur de terrain, du sociologue des conflits, de l’intellectuel public et de l’expert des réunions onusiennes. Tatiana Carayannis et Louisa Lombard soulignent ses contributions novatrices à l’analyse de la société en guerre en Centrafrique. Enrica Picco présente le chercheur-expert qui critique sans ménagement les interventions de la « communauté internationale » et ose des propositions de sortie de crise « out of the box ». Grâce à Delphine Kemneloum Djiraïbe apparaît une autre facette du personnage : celui qui s’engage sur ses terrains, travaille avec la société civile tchadienne et n’a pas peur d’expliquer, à Paris comme à N’Djamena, les raisons du soutien de la France à Idriss Déby.

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